mercredi 5 octobre 2016

Saints Maurice et ses compagnons


Vie de nos pères parmi les saints
Saint Maurice et ses compagnons
( 285-286 A.D.)
Fête le 22 septembre/ 5 octobre
Au temps où Maximien partageait l’empire avec Dioclétien, les armées romaines comprenaient une légion de soldats qu'on appelait les Thébains car ils venaient de Thèbes en Egypte pour renforcer l'armée de Maximien. La légion était un corps de six mille six cents hommes. C'étaient de bons guerriers dans les combats, « d'un courage magnanime, d'une foi plus magnanime encore », rendant fidèlement à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. Ils reçurent la mission de poursuivre des chrétiens et de les amener devant l'empereur. Ils refusèrent et répondirent qu'ils n'obéiraient pas à de tels ordres. Maximien s'était arrêté à Octodurum, aujourd'hui Martigny, à l'entrée de l'Entremont, sur la Dranse. Quand on y vint lui annoncer qu'une légion rebelle refusant ses ordres, s'était arrêtée à Tarnade, appelé depuis Agaune,[1] il eut un violent accès de fureur, et tout bouillant de colère, il ordonna qu'elle soit décimée pensant que sous la terreur, certains céderaient à ses volontés et accompliraient son dessein impie. 
Ainsi, aussitôt après la première exécution, il réitéra ses ordres pour contraindre ceux qui restaient en vie à poursuivre les chrétiens. Dès que ce nouvel ordre fut communiqué aux Thébains, tous crièrent que jamais ils ne se prêteraient à cet acte impie, et qu’ils étaient résolus de tout souffrir plutôt que de trahir leur foi chrétienne. Cette réponse rendit Maximien, plus cruel qu'une bête sauvage, alors il ordonna qu'on les décime pour la seconde fois et que l'on contraigne ceux qui restaient de se plier à la loi. Lorsque cet ordre sanguinaire parvint au camp pour la seconde fois, les soldats du Christ furent inflexibles dans leur résolution et, on frappa le dixième des restes de la légion. Cependant les soldats que la mort avait épargnés, s'encourageaient mutuellement à persévérer dans leur attitude de fermeté. 

Parmi ces héros de la foi orthodoxe en terre d’Helvétie, étaient saint Maurice leur chef, saint Exupère, intendant du camp, et Candide, prévôt des soldats. 
Saint Maurice les exhortait tous à rester fermes dans leur foi, en leur montrant l'exemple des martyrs leurs compagnons d'armes qui venaient de rejoindre les célestes milices du Christ. Ils envoyèrent une députation à Maximien, lui disant : 

« Empereur, nous sommes tes soldats, mais en même temps, et nous nous faisons gloire de le confesser hautement, nous sommes les serviteurs de Dieu. A toi nous devons le service militaire; à lui l'hommage d'une vie innocente. De toi nous recevons la solde de nos travaux et de nos fatigues; de Lui nous tenons le bienfait de la vie. C'est pourquoi nous ne pouvons, ô empereur, t’obéir jusques à renier le Dieu Créateur de toutes choses, notre Maître et notre Créateur, qui est aussi le tien, que tu le veuilles ou non. Ne nous réduis pas à la triste obligation de L'offenser, et tu nous trouveras comme nous l'avons toujours été, prêts à suivre tous tes ordres. Autrement, sache que nous Lui obéirons plutôt qu'à toi. Nous t’offrons nos bras contre l'ennemi que tu voudras frapper, quel qu'il soit, mais nous tenons que c'est un crime de les tremper dans le sang des innocents. Ces mains savent combattre contre des ennemis et contre des impies; elles ne savent point égorger des amis de Dieu et des frères. Nous n'avons pas oublié que c'est pour protéger nos concitoyens, et non pour les frapper, que nous avons pris les armes. Toujours nous avons combattu pour la justice, pour la piété, pour le salut des innocents. Jusqu'ici, au milieu des dangers que nous avons affrontés; nous n'avons pas ambitionné d'autre récompense. Nous avons combattu, par respect pour la foi que nous t’avons promise; mais comment pourrions-nous la garder, si nous refusions à notre Dieu celle que nous Lui avons donnée ? Nos premiers serments, c'est à Dieu que nous les avons faits; et ce n'est qu'en second lieu que nous t’avons juré de t’être fidèles. Ne compte pas sur notre fidélité à ces seconds serments, si nous venions à violer les premiers. Ce sont des chrétiens que tu ordonnes de rechercher pour les punir; mais nous sommes chrétiens, nous, et nous voici; tes vœux sont satisfaits, et tu n’as plus besoin d'en chercher d'autres; tu as en nous des hommes qui confessent Dieu le Père, l'Auteur de toutes choses, et qui croient en Jésus-Christ son Fils comme en un Dieu. Nous avons vu tomber sous le glaive les compagnons de nos travaux et de nos dangers, et leur sang a rejailli jusque sur nous. Cependant nous n'avons point pleuré la mort, le cruel massacre de ces bienheureux frères; nous n'avons pas même plaint leur sort; au contraire, nous les avons félicités de leur bonheur, nous avons accompagné leur sacrifice des élans de notre joie, parce qu'ils ont été trouvés dignes de souffrir pour leur Seigneur et leur Dieu. Quant à nous, nous ne sommes pas des rebelles que l'impérieuse nécessité de vivre a jetés dans la révolte; nous ne sommes pas armés contre toi par le désespoir, toujours si puissant dans le danger. Nous avons des armes en main, et nous ne résistons pas. Nous aimons mieux mourir que de donner la mort, périr innocents que vivre coupables. Si tu fais encore des lois contre nous, s'il te reste de nouveaux ordres à donner, de nouvelles sentences à prononcer, le feu, la torture, le fer ne nous effraient pas; nous sommes prêts à mourir. Nous confessons hautement que nous sommes chrétiens et que nous ne pouvons pas persécuter des chrétiens ». 

Maximien comprit leur résolution et l’inflexibilité de leur foi en Christ. Il décida donc de faire périr d'un seul coup toute la légion. Et la glorieuse milice thébaine mourut sans une plainte pour la foi chrétienne. 

La terre fut recouverte des cadavres de ces saintes victimes, et leur sang innocent y coula en longs ruisseaux. Ainsi périt cette légion vraiment angélique. 

Les corps des martyrs d'Agaune furent découverts suite à une révélation par saint Théodore évêque de Martigny en Valais. Il fit alors ériger en leur honneur une basilique adossée d'un côté à un énorme rocher, et le peuple chrétien vint y vénérer les saintes reliques des soldats du Christ. Et des miracles auréolèrent sans discontinuer leur gloire céleste en des manifestations insignes de la Grâce de Dieu, par des guérisons et des conversions sans nombre.

La vénération des saints martyrs se répandit comme une vague dans le monde chrétien : en témoignent les nombreuses cités dans le monde qui furent nommées d’après le martyr du Christ Maurice. 
Certains soldats de la légion, ayant miraculeusement échappa au massacre, portèrent se firent missionnaires de l’Evangile, et périrent aussi en martyrs de la foi. Nous les retrouverons à Soleure, et ailleurs en Suisse.

Le grand prélat saint Martin est témoin en son temps de la ferveur qui entourait la vénération des saints martyrs d’Agaune. Il avait une grande  dévotion à ces glorieux martyrs, il se rendit donc à Agaune pour avoir de leurs reliques; mais n'ayant pu en obtenir une première fois, des moines qui possédaient ce lieu, il se transporta à l'endroit où ils avaient enduré la mort, à Vérolliez (id est le vrai lieu [du martyre] près du Rhône). Et là, après avoir fait une fervente prière, il prit un couteau et en ôta, en forme de couronne, un morceau de terre. Aussitôt il en sortit du sang en abondance, qu'il reçut dans un vase apporté exprès pour cela, et en laissa une partie à Agaune avec ce même couteau; il apporta le reste à Tours, et le distribua ensuite à plusieurs églises, particulièrement à sa cathédrale et à celle d'Angers. Il en conserva seulement pour lui une petite fiole, qu'il porta toujours depuis par dévotion, et avec laquelle il voulut être enterré. 
Récemment, l’higoumène d’un monastère du Patriarcat de Moscou en Europe occidentale, fit découper un carré de cette terre des martyrs qu’il transféra dans son monastère.

Patron des soldats, ceux-ci l'invoquent avec saint Georges, pour obtenir la victoire par la force de leur intercession. **

Saint Maurice, et vous tous les martyrs d’Agaune, priez Dieu pour nous !

*


Saint Maurice et la Légion Thébaine
(église de Verroliez [Vrai Lieu] 
près du champ du martyre)

Ton 4

Tropaire à saint Maurice d'Agaune,
(Natalice en 286 A.D.)

Soldat du Christ, tu combattis le bon combat,*
Tu refusas de poursuivre les innocents*
Et tu donnas ta vie avec tes compagnons*
Plutôt que de renoncer à ta foi chrétienne.*
Ô saint Maurice, intercède auprès du Seigneur,*
Afin qu'Il nous accorde Sa grande mercy!
+



Claude Lopez-Ginisty




[1] Saint-Maurice actuel : Agaune vient de l’ancien celtique Acaune et signifie rocher!
* D’après Les Petits Bollandistes

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