vendredi 24 février 2017

Saint Séverin d'Agaune



Saint Séverin accomplissant un miracle sur la terre de France
(gravure du XIXe siècle)

Vie de notre père parmi les saints
Séverin (507)
Higoumène du monastère Saint Maurice
d’Agaune
Fête le 11/24 février

Trois récits hagiographiques parlent de la vie de ce saint père d’Helvétie, celui de Surius, celui des Bollandistes, et celui composé par Fauste (Faustus) compagnon et disciple du saint, qui est  le plus ancien et le plus digne de foi, les autres n’étant que des amplifications de la première relation de la Vita primitive. 
Saint Séverin naquit en 440 au sein d’une illustre famille de Bourgogne. En ces temps, l’hérésie arienne régnait sur de nombreux territoires, mais le saint eut l’heur de vivre et d’être instruit au sein d’une famille qui pratiquait la foi orthodoxe. 
Par sa naissance, il pouvait prétendre avoir une position élevée dans la société de son temps, mais il préféra renoncer aux illusions du monde et, très jeune, il se rendit à l’abbaye d’Agaune (Saint Maurice actuel).
A cette époque, le monastère n’était qu’une modeste chapelle appuyée contre la paroi rocheuse, avec à proximité une hôtellerie pour les pèlerins de passage et un cloître pour les moines  qui veillaient sur les précieuses reliques des saints de la glorieuse légion thébaine.
Selon Fauste,  son disciple et compagnon de trente ans, Séverin était un moine irréprochable, une grande piété l’animait et il était sans cesse en Dieu par son amour et son humilité insignes. Ainsi, en 476, lorsque l’higoumène d’Agaune rejoignit la céleste patrie, Séverin fut naturellement désigné pour lui succéder à la tête de la communauté.
Ce fut un père aimant pour ses moines, une lumière pour les égarés, un baume pour les malades et les malheureux. Tous venaient vers sa prière comme vers la Source de Vie. Dieu, pour sa grande ferveur et son humilité, lui avait accordé le don des miracles. Il les dispensa grandement autour de lui, soulageant les misères des hommes.
Sa réputation grandit et traversa les frontières. Il advint que Clovis, roi des Francs soit atteint d’une fièvre maligne. On craignit pour sa vie. Tous les soins de la médecine des hommes ne purent venir à bout de son mal. Son médecin lui-même lui suggéra alors de faire venir auprès de lui un saint homme dont il avait entendu parler avec grand respect et vénération. Clovis envoya aussitôt un de ses domestiques à Agaune auprès du saint higoumène. 
Quelques temps auparavant, saint Séverin avait eu la vision d’un ange lui révélant qu’il partirait bientôt pour un pays lointain, qu’il y rendrait son âme à Dieu et y serait enseveli. Décidé à aller vers le roi qui faisait appel à lui, et comprenant que la vision lui annonçait sa bienheureuse naissance au Ciel, l’higoumène réunit ses moines, leur fit ses adieux et se mit en route.
Son voyage fut une route parsemée de miracles. A Nevers, il visita la cathédrale de ses prières et demanda à voir l’évêque. Celui-ci étant malade, il alla le trouver et le guérit aussitôt. Puis il se remit en chemin et en oraison. Entrant dans la ville de Paris et rencontrant un lépreux, il lui fit une onction de sa salive, et le guérit immédiatement. Il soulagea encore de nombreux malheureux par ses prières, leur accordant au Nom de Dieu la guérison de leurs souffrances. 
Arrivé devant le roi Clovis, il s’agenouilla, pria et puis il ôta son manteau et l’étendit sur le roi qui fut délivré instantanément de sa fièvre! Le roi reconnaissant, lui fit des dons précieux, entre autres celui de libérer des prisonniers de ses prisons. Le saint accomplit encore d’autres miracles avant que de reprendre sa route vers le terme de son voyage. 
Il sortit de Paris et se dirigea vers Château-Landon, en Gâtinais (dans l’actuelle Seine-et-Marne). Sur une colline était un oratoire que desservaient deux prêtres, Ursicin et Paschase. Il leur expliqua sa vision, leur annonça son départ prochain pour la céleste patrie et leur recommanda ses compagnons Fauste et Vital. 
Demeuré en Dieu par la prière pendant ses derniers jours sur la terre des vivants, saint Séverin rejoignit le Père en naissant au Ciel le 11/24 février 507. Une grande lumière se manifesta rayonnante à son départ pour le monde céleste.
Childebert, fils de Clovis fit construire une église sur le tombeau du saint. De nombreux miracles vinrent attester de la faveur de  l’higoumène Séverin auprès du Seigneur. Une communauté s’organisa auprès de ses reliques. Saint Fauste, parti annoncer le départ de saint Séverin aux moines d’Agaune  y devint peut-être l’higoumène du lieu, puis il repartit en pèlerinage au tombeau de son père spirituel.
Une église fut construite en sa mémoire à Paris, elle devint la paroisse Saint-Séverin qui existe encore de nos jours. 
L’église de Château-Landon qui abritait les reliques du saint fut détruite à deux reprises, une fois par les Saxons, puis par les Anglais, mais les reliques furent sauvées. En 1568, les Calvinistes occupèrent le monastère et pillèrent le trésor du monastère. Ils s’emparèrent d’un bras reliquaire, en jetèrent la relique pour conserver l’argent. Le bras du saint abandonné répandit une lumière extraordinaire que virent des paysans des environs. Ils avertirent le prêtre de la paroisse voisine qui vint prendre et mettre en lieu sûr les précieux restes du saint.
La révolution fit disparaître les dernières reliques de saint Séverin en terre de France. 
La fête du saint, dont une relique était encore à Saint Maurice du Valais au siècle dernier, fut fixée au 11/24 février, date de son natalice.
Saint Séverin, prie Dieu pour nous !
Ton 2

Tropaire à saint Séverin, 
Higoumène d'Agaune,
(Natalice en 507 A.D.)

Moine de la sainte abbaye de Saint-Maurice,*
Par ta pieuse vie, tu en devins l'higoumène,*
Thaumaturge de grand renom,*
Tu allas guérir le roi de France Clovis.*
Et tu naquis au Royaume sur le retour.*
Saint Séverin, prie Dieu pour qu'Il sauve nos âmes!

*
Claude Lopez-Ginisty