dimanche 19 septembre 2021

Saint Magne



Vie de notre père parmi les saints
Magne (ou Magnoald), disciple de saint Gall
( 683)
Apôtre en Italie, en Suisse et en Souabe
Fête le 6/19 septembre

Nous savons peu de choses de lui. Magne, disciple de saint Gall termina sa vie solitaire en Souabe avec une telle sainteté que, dit la tradition, il avait retrouvé le pouvoir qu’Adam exerçait sur les animaux au Paradis.
Saint Colomban lui avait prédit qu'il convertirait les habitants des Alpes Juliennes. Après la mort du saint higoumène, pour accomplir cette prophétie de son pieux maître, Magne se rendit à Kempten (Campidonum). Après son œuvre d’évangélisation,  il partit ensuite pour fonder le monastère de Füssen en 666.
Il naquit au Ciel le 6 septembre 683.
Saint Magne, prie Dieu pour nous !

*
Ton 3

Tropaire à saint Magne, Berger martyr,
(Natalice en 683 A.D.)

Pieux disciple de saint Gall en terre de Souabe*
Tu fus un athlète impeccable de l'ascèse.*
Pratiquant l'oraison, la prière et le jeûne,*
Tu fondas le saint monastère de Füssen*
Avant de naître très paisiblement au Ciel.*
Saint Magne, prie le Christ pour qu'Il sauve nos âmes!
*

Claude  Lopez-Ginisty

mardi 14 septembre 2021

Sainte Vérène


Icône Copte de Ste Véréna
Vie de notre mère parmi les saints
Vérène (Véréna) de Zurzach
( début du IVe siècle)
Fête le 1/14 septembre.

Originaire de la Haute-Egypte (Thébaïde), comme les saints martyrs d’Agaune en Valais, sainte Vérène vécut à la fin du IIIème et au début du IVème siècle. 
Elle alla à Milan, en suivant la légion thébaine. Apprenant leur massacre à Agaune (Saint-Maurice actuel), elle se rendit sur les lieux du martyre et se retira ensuite à Soleure où avaient été martyrisés Ours et Victor, soldats  de la même légion. On dit que saint Victor était son cousin. Là, Vérène vécut en ermite, guérissant plusieurs malades qui faisaient appel à elle ; parmi eux, se trouvait le gouverneur romain qui l'avait jetée en prison et fait torturer, à cause de sa prédication chrétienne. La tradition rapporte qu’en prison elle eut une apparition de saint Maurice qui l’exhorta à poursuivre son apostolat.
Elle partit enfin pour le canton d’Argovie, à Zurzach, où elle finit sa vie d’ascèse et de pénitence dans l’exercice de la charité. Par son intercession, de nombreux miracles rendirent gloire à Dieu.
Sur sa tombe, on construisit une chapelle et, au IXème siècle, un monastère double de moniales et de moines. Elle est la sainte copatronne du diocèse de Bâle.
Sainte Vérène, prie Dieu pour nous !
*

Ton 6

Tropaire à sainte Véréna, 
martyre  

liée à la Légion Thébaine
(Natalice au IVème siècle)

Venant d'Egypte comme la sainte légion,*
Apprenant qu'elle avait été martyrisée,*
Tu pérégrinas à Agaune et à Soleure*
Puis tu te retireras en ermite à Zurzach.*
Dans l'ascèse tu cheminas vers le Royaume.*
Sainte Vérène, prie Dieu de sauver nos âmes!

Claude Lopez-Ginisty

lundi 13 septembre 2021

Saint Audomar ( ou Omer)



Saint Audomar avec le roi Dagobert

Vie de notre père parmi les saints
Audomar (ou Omer) de Goldenthal,
près du Lac de Constance
( 695 A.D.)
Fête le 1/14 septembre

Audomar naquit à Goldenthal (le Val d'Or), près du lac de Constance, vers l’an de grâce 600. Ses parents étaient Friulphe et Domitta. Son père, devenu veuf, quitta le monde et partit avec son fils Audomar au monastère colombanien de Luxeuil.
Audomar prit l’habit monastique avec son père, des mains de l’higoumène Eustase. Il reçut les saints ordres. Le roi Dagobert Ier le nomma évêque de Noyon-Tournai (627-640), puis évêque de Thérouanne (actuellement dans le Pas-de-Calais). Là,  il prêcha auprès des populations des Morins (Gaulois belges), qui après l’invasion au Vème siècle des Suèves et des Vandales étaient retournés aux ténèbres du paganisme. Il rechristianisa la Flandre et l’Artois. Près de Thérouanne, Audomar fonda un monastère où s'édifia plus tard la ville de Saint-Omer (Omer étant une variante de son nom).
Près de l'embouchure de l’Aa, Audomar fut accueilli et logé par le riche propriétaire Adrowald, qu'il convertit bientôt au christianisme.
En 651, Adrowald donna à Audomar plusieurs domaines sur l'Aa, dont l'île de Sithiu, où ce dernier fonda une église dédiée à la Mère de Dieu qui sera l'église Notre-Dame. Il  fut secondé par trois moines bénédictins du nom de Mommelin (higoumène de Sithiu avant d’aller à Noyon), Bertin, son successeur, fondateur de l’église dédiée à saint Pierre qui deviendra l’abbaye Saint-Bertin.
Audomar mourut aveugle le 1er novembre 670 à Wavrans-sur-l'Aa. Selon ses vœux, Bertin fit transporter son corps dans l'église Notre-Dame de Sithiu. Bien qu'il menât le bon combat hors de la terre d'Helvétie, il est compté parmi ses saints helvêtes.
Saint Audomar, prie Dieu pour nous !

*

Ton 4

Tropaire à saint Audomar, 
moine, évêque de Noyon-Tournai
et moine à nouveau
( ✝ 670 A.D.)

*
Vers le Royaume Céleste, tu cheminas,
Comme moine d'abord, puis tu devins évêque*
Et tu prêchas l'Evangile de Jésus-Christ.*
Aux peuples dans les ténèbres du paganisme.*
Helvète, tu devins saint en terre étrangère,*
Saint Audomar, prie Dieu pour qu'Il sauve nos âmes!

+

Claude Lopez-Ginisty

jeudi 9 septembre 2021

Saint Pélage

Plaque dorée représentant le saint
(Cathédrale de Constance)
Vie de notre père parmi les saints 
Pélage 
(circa  280 A.D.)
Fête le 28 août/ 10 septembre
On sait seulement qu’il fut martyrisé vers 280, sous l’empereur Numérien et qu’il fut très tôt considéré comme le saint patron de la ville de Constance.
Saint martyr Pélage, prie Dieu pour nous !
*
Ton 8

Tropaire à saint Pélage, 
Martyr sous Numérien 

(Nathalie circa 280 A.D.)



Disciple parfait de notre Seigneur Jésus,*
Tu vécus en observant les commandements,*
Et lorsque tu fus arrêté par les impies,*
Et torturé pour abjurer la sainte foi,*
Tu reçus pour le Christ le baptême du sang.*
Saint Pélage, prie Dieu d'avoir pitié de nous!


Claude Lopez-Ginisty










dimanche 29 août 2021

Saint Théodore de Martigny



Vie de notre père parmi les saints
Théodore (quelquefois appelé Théodule)
de Martigny
(IVe siècle)
Fête le 16/29 août

Théodore, le saint évêque de Martigny (autrefois Octodure) était probablement d'origine grecque. Son nom signifie «don de Dieu». Il naquit dans les premières années du quatrième siècle et fut élevé dans la foi et la piété dès son enfance. 

Dieu, en vertu de ses dons pour la vie spirituelle l'appela au sacerdoce. Il fut un exemple de foi et de rectitude. Devenu évêque du Valais vers 349, il est le premier hiérarque du Valais véritablement connu. On pense qu'il fut envoyé là par saint Protais, évêque de Milan et Métropolite du Valais. 

S'il se fixa à Martigny, c'est parce que c'était là la ville la plus importante au pied des Alpes.

Sous son épiscopat et par son influence bénéfique, les rites païens disparurent et les mœurs barbares et superstitieuses des habitants du lieu changèrent pour faire place à une vie chrétienne plus conforme à l'Evangile. 

Le saint hiérarque ne fut pas seulement évêque de Martigny, il fut aussi missionnaire, apôtre pour ce que l'on appelait alors la Petite Bourgogne, et qui comprenait la Suisse romande actuelle, et une partie des cantons de Berne et de Soleure. Ainsi que le dit un de ses biographes, rien ne l'arrêtait dans sa mission sacrée de propagation de la foi. 

On fait mention de son nom au Concile d'Aquilée en 381. Il s'agissait alors de lutter contre l'hérésie arienne. Théodore siégea aux côtés de l'illustre saint Ambroise de Milan dans cette assemblée qui exclut deux évêques ariens de l'Eglise. La chronique religieuse a conservé l'opinion personnelle du saint évêque du Valais qui affirma : « Pallade (l’un des deux évêques jugés au Concile) qui a nié que le Christ fût véritablement Dieu et coéternel à son Père, nous ne le reconnaissons plus, ni comme chrétien, ni comme prêtre. » 

Quelques années plus tard, en 393, une autre hérésie menaça l'Eglise du Christ. Un ancien moine nommé Jovinien, ayant quitté son monastère et menant une vie peu édifiante, commença à prêcher l'inutilité de l'ascèse, une fausse doctrine mariale et une morale relâchée. 
Saint Ambroise de Milan convoqua un synode auquel notre saint père Théodore assista en gardien zélé de la foi orthodoxe.

Mais le titre de gloire le plus grand de saint Théodore est d'avoir découvert les reliques des martyrs d'Agaune. Par révélation divine pour certains saints, avec l'aide de chrétiens témoins du martyre pour d'autres, saint Théodore parvint à retrouver un grand nombre de corps de la sainte légion du Christ qui subit le martyre pour la foi à Agaune. 
Après cette invention sacrée de ceux qui avaient arrosé de leur sang la terre d'Helvétie en Valais, le saint évêque fit construire une église destinée à recevoir les restes précieux de la milice chrétienne martyre.
La tradition rapporte que beaucoup d'habitants du lieu vinrent apporter une pierre pour l'érection de cette humble église des martyrs. Les ouvriers qui édifiaient la demeure sainte cessaient de travailler le dimanche, jour du Seigneur. Cependant, l'un d'eux qui était païen, vint poursuivre sur le chantier son labeur alors que les ouvriers chrétiens assistaient à l'office divin. Il fut arrêté dans son zèle par la troupe des martyrs qui lui apparut dans une grande lumière. Effrayé, il s'enfuit à toutes jambes, rejoignit à l'église les autres ouvriers et demanda sur le champ le baptême ! 
Après l'érection de cette église, les pèlerinages commencèrent venant de toutes les parties de la Gaule, et le saint évêque permit que se répande la vénération des saints soldats d'Agaune en accordant des reliques à plusieurs saints personnages de son époque. Ainsi saint Victrice de Rouen, saint Ambroise de Milan, saint Martin de Tours reçurent-ils des reliques des martyrs. Et plus tard, de nombreuses villes se placèrent sous la protection des saints martyrs du Valais et de saint Maurice en particulier, dont un bras se retrouva dans une église de Prague ! 
Saint Théodore ne se contenta pas d'abriter en un lieu saint les restes sacrés des martyrs, il contribua aussi à la connaissance de leurs vies et de leurs actes. On sait que c'est par lui que le premier évêque de Genève, saint Isaac, apprit l'histoire de la pieuse légion et la transmit ensuite à saint Eucher de Lyon.

Après une sainte vie de prière, de combat spirituel pour la foi et d'ascèse authentiquement chrétienne, le pieux hiérarque du Christ Théodore mourut et fut enseveli à Sion, vraisemblablement parce qu'il avait alors transféré son siège épiscopal dans cette ville. 



Saint Théodore, prie Dieu pour nous ! 
*
Ton 1

Tropaire à saint Théodore, 
évêque de Martigny
inventeur des reliques des saints martyrs d'Agaune,
(Natalice au IVème siècle)


Tu fus le premier hiérarque de Martigny*
Et tu assistas au Concile d'Aquilée,*
Et à celui de Milan , avec saint Ambroise.*
C'est par toi que les reliques des saints Martyrs*
D'Agaune furent découvertes et vénérées.*
C'est toi aussi qui les fit connaître aux chrétiens.*
Saint Théodore, prie Dieu de sauver nos âmes!

*

Claude Lopez-Ginisty

jeudi 26 août 2021

Saint Evrard

Buste reliquaire de saint Evrard à Luzy-sur-Marne (France)
*
Vie de notre père parmi les saints
Evrard (ou Eberhard)
Higoumène d’Einsiedeln 
( 958 A.D.)
Fête le 14/ 27 août
Comte  issu d’une noble famille de Souabe (cousin de Hermann, duc de Souabe et d'Alsace), comme saint Bennon, saint Evrard ou Eberhard fut prêtre du diocèse de Strasbourg, prévôt de la cathédrale de Strasbourg, puis il rejoignit saint Bennon de Metz au célèbre monastère d'Einsiedeln en Suisse où des ermites vivaient auparavant. 

Bennon avait réussi à lui faire saisir le caractère vain de la vie dans le monde, et par son exemple, il l’incita à mener une vie plus spirituelle. Evrard était en effet fasciné et ébloui par le faste des grandeurs du monde et attiré par la vaine gloire. 

Par curiosité, il alla rendre visite à celui qui avait résigné sa charge pour aller vivre au désert. Bennon le reçut simplement et son bonheur dans l’austère solitude de sa retraite, intrigua d’abord Evrard, puis  lui ouvrit les yeux. Il annonça à son ami sa conversion. Bennon l’exhorta alors à renoncer définitivement au monde. Il le fit, et abandonna ses charges et ses biens. Il utilisa sa fortune pour terminer le monastère dont il fut le premier higoumène.

L'humble chapelle de Bennon et de ses pauvres disciples, fit place dès lors à une belle église, construite en l'honneur de la Très Sainte Mère de Dieu, et les modestes cellules des moines furent changées en une riche abbaye, qui devint célèbre.

Mais la charité d'Evrard fut encore plus visible lors d’une grande famine, qui frappa la Bourgogne, l'Alsace et la haute Allemagne en 942. Il envoya de grandes quantités de grains aux peuples éprouvés. On le nomma higoumène du monastère qui lui devait son existence, et il dirigea ce havre de Dieu depuis l'an 934 jusqu'en 957 ou 958, époque de sa naissance au Ciel, un 14/27 août

Il fut enterré près de la chapelle de la Mère de Dieu, la célèbre église connue sous le nom de Notre Dame des Ermites, à côté de saint Bennon, son ami et confrère. 


Saint Evrard prie Dieu pour nous !
*

Ton 6

Tropaire à saint Evrard, 
premier higoumène 

de Notre Dame des Ermites
(Natalice en 957/958 ? A.D.)


Fils de souabe, et prêtre en ville de Strasbourg,*
Tu rejoignis saint Bennon parti au désert,*
Il te convainquit de quitter ce monde vain*
Tu entrepris alors de finir de bâtir,*
Le monastère dont tu fus higoumène.*
Saint Evrard, prie le Christ d'avoir pitié de nous!


Claude Lopez-Ginisty

lundi 16 août 2021

Saint Bennon



Vie de notre père parmi les saints
Bennon (Benoît, Benedictus, Benno)
( 940 A.D.)
Fête le 3/16 août
Saint Bennon, était originaire de Souabe. Parent du roi de Bourgogne Raoul, il fut chanoine de Strasbourg, puis il se retira au désert à quelques lieues de Zurich, dans une solitude, où saint Meinrad avait jeté, quarante-trois ans auparavant, les fondements d'un monastère de ce qui allait devenir l’abbaye d’Einsiedeln. Dans le recueillement de ce lieu, sa nourriture consistait en quelques herbes et quelques baies, celle de l’âme plus abondante n’était que prière et ascèse. Des disciples vinrent partager avec lui cette vie hautement spirituelle, et défricher les forêts à l’entour. 

« La foi doit porter des fruits de vie, pour diriger l’ascète vers la vie éternelle, » dit la tradition monastique. Bennon et ses disciples marchèrent à grands pas dans cette voie de la perfection chrétienne. Le seigneur de la contrée, voyant leur sainte vie, leur donna un terrain inculte dont ils tirèrent le meilleur parti; ils rebâtirent la chapelle détruite et construisirent quelques cellules qui devinrent la célèbre abbaye de Notre-Dame-des-Ermites d’Einsiedeln.


Ainsi, il  se forma autour du saint homme une nombreuse communauté, qui ne
suivit pour règle que la vie exemplaire de saint Bennon, jusques au temps où, plus tard, on y introduisît la règle de Saint-Benoît. L'abbaye de Seckingen donna l'île d'Uffnau, dans le lac de Zurich, en fief à Einsiedlen.

Bennon avait quitté le monde dans le dessein de n'y jamais rentrer. Il avait trouvé dans son désert un ample dédommagement de tous les sacrifices qu'il avait volontiers acceptés, lorsque l'empereur Henri l'Oiseleur vint l'en arracher pour l'élever sur la cathèdre de Metz. Ce prince, ayant entendu parler de la sainteté de Bennon et des grandes qualités que chacun admirait en lui, le nomma pour gouverner l'Eglise de cette ville. 

Le serviteur de Dieu ne se rendit qu'avec peine à la proposition de l'empereur « l'idée de procurer la gloire de Dieu dans cette charge éminente, pouvait seule l'y faire consentir » dit un de ses biographes. Il quitta donc son monastère en 923. Ses disciples furent inconsolables de cette perte; mais Bennon calma leur douleur en leur faisant entendre qu'il les reverrait un jour.

Bennon, s'appliqua avec le zèle d'un apôtre à guérir les plaies de son Eglise, qui était en grand désordre, désordre qui avait motivé l’Empereur pour lui en confier la charge. Mais un peuple ingrat et indocile n'est pas facile à diriger sur la voie du salut et l’hostilité que ces ouailles nourrissaient contre lui ne put être vaincue par les vertus insignes et obvies du saint hiérarque. Bennon n'opposa à la violence qu'on lui témoignait que la douceur et la sainteté de sa vie: nuit et jour il priait le Christ de lui donner  de la patience, pour triompher des âmes rebelles de ses ouailles. Malgré l'hostilité que lui marquait son troupeau, le vertueux évêque s'éleva avec force contre les vices qui dominaient dans son Eglise. Alors, en 927, quelques scélérats que son zèle évangélique avait révoltés, se saisirent de lui et lui crevèrent les yeux, « le mutilant ensuite d'une manière honteuse ».

Bennon supporta ces agissements cruels avec le courage d'un martyr et malgré le fait qu’il connaissait ses agresseurs, il ne voulut jamais en tirer vengeance, en les dénonçant à la justice de l'Empereur : il demanda même leur grâce. Le concile de Duisbourg lança une sentence d'excommunication contre les auteurs de cet attentat, et les fit punir selon les lois qui étaient en usage à cette époque. Le bienheureux hiérarque du Christ renonça à son évêché et reprit la route de sa solitude. Ses anciens disciples le reçurent avec vénération et le considérèrent comme un martyr. 

Bennon considéra cette épreuve du Ciel comme une faveur que lui faisait le Seigneur, puisque, perdant la vue corporelle, Dieu lui offrait les moyens de s'avancer plus encore dans la voie de la vertu. Il ne consacra alors sa vie qu’aux actes de piété et aux œuvres ascétiques pendant la période de plus de dix ans qu’il lui restait à vivre.

Il ne cessa montrer l'exemple saint d'une entière soumission à la volonté divine. Un de ses biographes note : Il pouvait dire dans le même esprit qu'autrefois le grand Apôtre « Qui me séparera jamais de l'amour de Jésus-Christ? Couronnes, richesses, plaisirs, j'ai foulé aux pieds vos charmes; et vous, tribulations, tentations de toute espèce, afflictions de corps et d'esprit, vous ne sauriez ébranler ma constance et toi, mort, qui parait si redoutable, je méprise tes coups, ils ne m'effraient pas, parce que j'espère en un plus fort que toi en celui qui a défait ton empire et qui t'a enlevé ta proie. » 

Jamais Bennon ne se plaignit du triste état où l’avait réduit son infirmité. Ses occupations continues étaient spirituelles; les moines le consultaient souvent sur leur avancement dans la perfection.

Le pieux hiérarque souffrit, vers la fin de ses jours, de diverses infirmités en plus de ses souffrances, mais au milieu des douleurs les plus fortes, on l'entendit souvent prononcer ces paroles remarquables « Seigneur, augmente mes souffrances, mais accorde-moi la patience ». Il se prépara calmement à la mort dans un saint et bel entretien continuel avec Dieu.

Enfin, après avoir été pendant de longues années le modèle vivant de toutes les vertus pour ses disciples, entouré de leur amour, dans les bras de saint Evrard (voir sa vie au 14/27 août), il rendit son âme bénie au Seigneur, le 3 août 940. 


Saint Bennon, prie Dieu pour nous !

*

Ton 5

Tropaire à saint Bennon, 
moine puis évêque de Metz
et moine à nouveau
(  940 A.D.)

*
Tu cheminas vers le saint Royaume,
Comme moine d'abord, puis on te fit évêque*
Pour redresser l'Eglise au diocèse de Metz.*
Des scélérats t'aveuglèrent et te mutilèrent*
Mais tu leur pardonnas et tu redevins moine.*
Saint Bennon, toi qui es bon, prie Dieu pour nos âmes!

+

Claude Lopez-Ginisty

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