mercredi 13 octobre 2021

Saint Ours et Victor

Gravure  représentant saint Ours

Vitrail représentant saint Victor
à Ollon (VD)

*
Vies de nos pères parmi les saints
Ours et Victor
( circa 286/288)
Fête le 30 septembre/ 13 octobre
Les saints  Ours et Victor appartenaient tous deux à la Légion thébaine décimée à Agaune (voir aussi la vie de Saint-Maurice), ils partirent à Soleure avant le massacre des martyrs d’Agaune, aujourd'hui Saint-Maurice, dans le Valais. 
Là, ils furent arrêtés par le gouverneur et devaient être brûlés car ils ne voulaient pas sacrifier aux faux dieux romains. Cependant, un fort orage, par une pluie violente, éteignit le feu de leur bûcher. Alors Histacus le gouverneur,  les fit décapiter près de la rivière Aar. Les corps et les têtes churent dans l'eau, « nagèrent » miraculeusement vers une baie où les chrétiens les prirent pour leur donner une sépulture chrétienne. 
Leurs sainte reliques, autrefois partagées entre Genève [couvent saint Victor] et Soleure reposent à présent dans la cathédrale Saint-Ours de Soleure. 

Saint Ours et Victor, priez Dieu pour nous !
*
Ton 6

Tropaire aux saints 
Ours et Victor


(Natalice en 286/288 ? A.D.)


Rescapés de la légion thébaine d'Agaune*
Vous êtes partis pour aller prêcher le Christ*
A ceux qui gisaient dans les ténèbres païennes.*
Pris par le tyran et condamnés  à mort,*
Vous fûtes martyrs au bord de la rivière Aar.*
Saints Ours et Victor, priez le Christ pour nos âmes!


Claude Lopez-Ginisty


dimanche 10 octobre 2021

Saint Salonius de Genève


Tous les saints d''Helvétie ( D. Aymonier-Lopez)
*
Vie de notre père parmi les saints
Salonius de Genève
(Vème siècle)
Fête le 28 septembre/ 11 octobre
Fils d'Eucher de Lyon et de son épouse Galla, saint Salonius naquit vers 405. Il était  frère de saint Véran de Vence. Vers 415, il partit vivre avec sa famille, aux îles de Lérins, où saint Honorat venait de fonder la célèbre communauté monastique. 
Il fut éduqué par les saints Salvien, Vincent de Lérins et Hilaire, plus tard évêque d'Arles. Saint Eucher, son père,  après une période où il vécut en ermite dans le Luberon, devint Métropolite de Lyon. Il assista au Concile d'Orange de 441 avec son fils Salonius, qui après avoir été moine de Lérins, fut appelé comme évêque de Genève. Salonius participa également au Concile de Vaison en 442 et au concile d'Arles de 451. 
Son père Eucher lui dédia ses Instructions à Salonius, Livre II (Instructionum ad Salonium libri II), commentaires de textes bibliques. Son ancien précepteur saint Salvien lui dédia son Du gouvernement de Dieu (De gubernatione Dei), publié vers 439. On possède peu d’autres détails que ceux-ci sur sa vie, on ignore la date de sa mort.
On lui attribue des commentaires bibliques, dialogues où il répond à son frère saint Véran sur les enseignements moraux du Livre des Proverbes et de l'Ecclésiaste (Expositio Mystica in Parabolas Salomonis et in Ecclesiastem).
Saint Salonius est commémoré le 28 septembre.

Saint Salonius, prie Dieu pour nous !

*

Ton 4

Tropaire à saint Salonius de Genève,
(Natalice en 469 A.D.)

A l'âge de dix ans tu allas à Lérins*
Œuvrant sous la conduite de saint Honorat,*
Ayant pour maîtres saint Hilaire et saint Vincent.*
Etant hiérarque de la ville de Genève,*
Tu gouvernas l'Eglise avec grande sagesse.*
Saint Salonius prie le Seigneur Christ pour nos âmes!


Claude Lopez-Ginisty


mardi 5 octobre 2021

Saint Antonin

Portrait dans l'Eglise de Plaisance

Vie de notre père parmi les saints Antonin
de la Légion Thébaine,
† 285/286 A.D.
Fête le 22 septembre/5 octobre
Martyrisé avec saint Maurice et ses compagnons à Agaune, Il est particulièrement honoré à Plaisance et à Rouen en l’église Saint-Victrice où saint Ambroise de Milan envoya ses reliques.

Saint Antonin prie Dieu pour nous !
*

lundi 4 octobre 2021

Saints Maurice et ses compagnons


Vie de nos pères parmi les saints
Saint Maurice et ses compagnons
( 285-286 A.D.)
Fête le 22 septembre/ 5 octobre
Au temps où Maximien partageait l’empire avec Dioclétien, les armées romaines comprenaient une légion de soldats qu'on appelait les Thébains car ils venaient de Thèbes en Egypte pour renforcer l'armée de Maximien. La légion était un corps de six mille six cents hommes. C'étaient de bons guerriers dans les combats, « d'un courage magnanime, d'une foi plus magnanime encore », rendant fidèlement à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. Ils reçurent la mission de poursuivre des chrétiens et de les amener devant l'empereur. Ils refusèrent et répondirent qu'ils n'obéiraient pas à de tels ordres. Maximien s'était arrêté à Octodurum, aujourd'hui Martigny, à l'entrée de l'Entremont, sur la Dranse. Quand on y vint lui annoncer qu'une légion rebelle refusant ses ordres, s'était arrêtée à Tarnade, appelé depuis Agaune,[1] il eut un violent accès de fureur, et tout bouillant de colère, il ordonna qu'elle soit décimée pensant que sous la terreur, certains céderaient à ses volontés et accompliraient son dessein impie. 
Ainsi, aussitôt après la première exécution, il réitéra ses ordres pour contraindre ceux qui restaient en vie à poursuivre les chrétiens. Dès que ce nouvel ordre fut communiqué aux Thébains, tous crièrent que jamais ils ne se prêteraient à cet acte impie, et qu’ils étaient résolus de tout souffrir plutôt que de trahir leur foi chrétienne. Cette réponse rendit Maximien, plus cruel qu'une bête sauvage, alors il ordonna qu'on les décime pour la seconde fois et que l'on contraigne ceux qui restaient de se plier à la loi. Lorsque cet ordre sanguinaire parvint au camp pour la seconde fois, les soldats du Christ furent inflexibles dans leur résolution et, on frappa le dixième des restes de la légion. Cependant les soldats que la mort avait épargnés, s'encourageaient mutuellement à persévérer dans leur attitude de fermeté. 

Parmi ces héros de la foi orthodoxe en terre d’Helvétie, étaient saint Maurice leur chef, saint Exupère, intendant du camp, et Candide, prévôt des soldats. 
Saint Maurice les exhortait tous à rester fermes dans leur foi, en leur montrant l'exemple des martyrs leurs compagnons d'armes qui venaient de rejoindre les célestes milices du Christ. Ils envoyèrent une députation à Maximien, lui disant : 

« Empereur, nous sommes tes soldats, mais en même temps, et nous nous faisons gloire de le confesser hautement, nous sommes les serviteurs de Dieu. A toi nous devons le service militaire; à lui l'hommage d'une vie innocente. De toi nous recevons la solde de nos travaux et de nos fatigues; de Lui nous tenons le bienfait de la vie. C'est pourquoi nous ne pouvons, ô empereur, t’obéir jusques à renier le Dieu Créateur de toutes choses, notre Maître et notre Créateur, qui est aussi le tien, que tu le veuilles ou non. Ne nous réduis pas à la triste obligation de L'offenser, et tu nous trouveras comme nous l'avons toujours été, prêts à suivre tous tes ordres. Autrement, sache que nous Lui obéirons plutôt qu'à toi. Nous t’offrons nos bras contre l'ennemi que tu voudras frapper, quel qu'il soit, mais nous tenons que c'est un crime de les tremper dans le sang des innocents. Ces mains savent combattre contre des ennemis et contre des impies; elles ne savent point égorger des amis de Dieu et des frères. Nous n'avons pas oublié que c'est pour protéger nos concitoyens, et non pour les frapper, que nous avons pris les armes. Toujours nous avons combattu pour la justice, pour la piété, pour le salut des innocents. Jusqu'ici, au milieu des dangers que nous avons affrontés; nous n'avons pas ambitionné d'autre récompense. Nous avons combattu, par respect pour la foi que nous t’avons promise; mais comment pourrions-nous la garder, si nous refusions à notre Dieu celle que nous Lui avons donnée ? Nos premiers serments, c'est à Dieu que nous les avons faits; et ce n'est qu'en second lieu que nous t’avons juré de t’être fidèles. Ne compte pas sur notre fidélité à ces seconds serments, si nous venions à violer les premiers. Ce sont des chrétiens que tu ordonnes de rechercher pour les punir; mais nous sommes chrétiens, nous, et nous voici; tes vœux sont satisfaits, et tu n’as plus besoin d'en chercher d'autres; tu as en nous des hommes qui confessent Dieu le Père, l'Auteur de toutes choses, et qui croient en Jésus-Christ son Fils comme en un Dieu. Nous avons vu tomber sous le glaive les compagnons de nos travaux et de nos dangers, et leur sang a rejailli jusque sur nous. Cependant nous n'avons point pleuré la mort, le cruel massacre de ces bienheureux frères; nous n'avons pas même plaint leur sort; au contraire, nous les avons félicités de leur bonheur, nous avons accompagné leur sacrifice des élans de notre joie, parce qu'ils ont été trouvés dignes de souffrir pour leur Seigneur et leur Dieu. Quant à nous, nous ne sommes pas des rebelles que l'impérieuse nécessité de vivre a jetés dans la révolte; nous ne sommes pas armés contre toi par le désespoir, toujours si puissant dans le danger. Nous avons des armes en main, et nous ne résistons pas. Nous aimons mieux mourir que de donner la mort, périr innocents que vivre coupables. Si tu fais encore des lois contre nous, s'il te reste de nouveaux ordres à donner, de nouvelles sentences à prononcer, le feu, la torture, le fer ne nous effraient pas; nous sommes prêts à mourir. Nous confessons hautement que nous sommes chrétiens et que nous ne pouvons pas persécuter des chrétiens ». 

Maximien comprit leur résolution et l’inflexibilité de leur foi en Christ. Il décida donc de faire périr d'un seul coup toute la légion. Et la glorieuse milice thébaine mourut sans une plainte pour la foi chrétienne. 

La terre fut recouverte des cadavres de ces saintes victimes, et leur sang innocent y coula en longs ruisseaux. Ainsi périt cette légion vraiment angélique. 

Les corps des martyrs d'Agaune furent découverts suite à une révélation par saint Théodore évêque de Martigny en Valais. Il fit alors ériger en leur honneur une basilique adossée d'un côté à un énorme rocher, et le peuple chrétien vint y vénérer les saintes reliques des soldats du Christ. Et des miracles auréolèrent sans discontinuer leur gloire céleste en des manifestations insignes de la Grâce de Dieu, par des guérisons et des conversions sans nombre.

La vénération des saints martyrs se répandit comme une vague dans le monde chrétien : en témoignent les nombreuses cités dans le monde qui furent nommées d’après le martyr du Christ Maurice. 
Certains soldats de la légion, ayant miraculeusement échappa au massacre, portèrent se firent missionnaires de l’Evangile, et périrent aussi en martyrs de la foi. Nous les retrouverons à Soleure, et ailleurs en Suisse.

Le grand prélat saint Martin est témoin en son temps de la ferveur qui entourait la vénération des saints martyrs d’Agaune. Il avait une grande  dévotion à ces glorieux martyrs, il se rendit donc à Agaune pour avoir de leurs reliques; mais n'ayant pu en obtenir une première fois, des moines qui possédaient ce lieu, il se transporta à l'endroit où ils avaient enduré la mort, à Vérolliez (id est le vrai lieu [du martyre] près du Rhône). Et là, après avoir fait une fervente prière, il prit un couteau et en ôta, en forme de couronne, un morceau de terre. Aussitôt il en sortit du sang en abondance, qu'il reçut dans un vase apporté exprès pour cela, et en laissa une partie à Agaune avec ce même couteau; il apporta le reste à Tours, et le distribua ensuite à plusieurs églises, particulièrement à sa cathédrale et à celle d'Angers. Il en conserva seulement pour lui une petite fiole, qu'il porta toujours depuis par dévotion, et avec laquelle il voulut être enterré. 
Récemment, l’higoumène d’un monastère du Patriarcat de Moscou en Europe occidentale, fit découper un carré de cette terre des martyrs qu’il transféra dans son monastère.

Patron des soldats, ceux-ci l'invoquent avec saint Georges, pour obtenir la victoire par la force de leur intercession. **

Saint Maurice, et vous tous les martyrs d’Agaune, priez Dieu pour nous !

*


Saint Maurice et la Légion Thébaine
(église de Verroliez [Vrai Lieu] 
près du champ du martyre)

Ton 4

Tropaire à saint Maurice d'Agaune,
(Natalice en 286 A.D.)

Soldat du Christ, tu combattis le bon combat,*
Tu refusas de poursuivre les innocents*
Et tu donnas ta vie avec tes compagnons*
Plutôt que de renoncer à ta foi chrétienne.*
Ô saint Maurice, intercède auprès du Seigneur,*
Afin qu'Il nous accorde Sa grande mercy!
+




Claude Lopez-Ginisty





[1] Saint-Maurice actuel : Agaune vient de l’ancien celtique Acaune et signifie rocher!
* D’après Les Petits Bollandistes

dimanche 26 septembre 2021

Saint Amé

Vie de notre père parmi les saints
Amé
( 625 A.D.)
Moine de Saint Maurice d’Agaune, de Luxeuil
et de Remiremont
higoumène
Fête le 13/26 septembre
Saint Amé (570-625) naquit dans la région de Grenoble d’une pieuse et noble famille chrétienne d’origine romaine.
Dès son enfance, il manifesta des dispositions particulières pour la vie chrétienne et son pieux père Héliodore l’amena à l’âge de dix ans au monastère d’Agaune dont la réputation était grande alors en Gaule. Très vite, le jeune garçon se distingua par son sérieux dans les études et son goût pour la vie monastique. Dès qu’il fut en âge de le faire, il prononça ses vœux, et fut admis dans la communauté. Les Acta Santorum ont laissé de lui un portrait physique et spirituel  très flatteur: il y est mentionné qu’il avait «une sainteté visible pour chacun, une charité qui ne se refusait à personne et une tempérance bien réglée…».
Après trente ans de vie communautaire, un matin on ne vit plus Amé dans l’abbaye de Saint Maurice. On le chercha partout. On s’inquiéta. On se mit à jeûner pour lui afin qu’il soit protégé, car on ne pouvait imaginer que le pire…
Enfin on aperçut des pas d’hommes dans la neige près des falaises du monastère. Les suivant, on découvrit le moine Amé dans une grotte au flanc d’une paroi abrupte, à trois cents pieds au dessus du bourg. Elle existe toujours : c’est la grotte du Scex au dessus du village de Saint Maurice. Une chapelle est à flanc de rocher, recouverte d’ex-votos. Avant l’entrée, il y avait il y a encore quelques années, fixée dans la paroi, une icône en pierre représentant le saint : elle n’a résisté ni à la bêtise, ni à la destruction de jeunes vandales.
Le pieux moine avait décidé de venir là pour pleurer ses péchés et vivre en ermite…
Cédant à la pression affectueuse de ses frères qui comprenaient sa ferme intention de poursuivre dans la solitude sa vocation monastique, et n’y voulant pas faire obstruction, il accepta de recevoir d’eux de la nourriture tous les trois jours. Un moine du nom de Bérin lui apporta donc régulièrement de l’eau et du pain. Amé, ému de la constance de son frère et de sa charité, voulut lui épargner une fatigue inutile et il lui demanda de venir près du rocher où était sa grotte prier le Seigneur afin que de l’eau lui soit donnée par Dieu. Après un temps, Amé se leva, remercia Dieu et frappant le rocher de son bâton, il en fit jaillir une source d’eau pure et limpide qui coule toujours de nos jours. 
S’adonnant à l’activité physique principale des moines de ce temps, il défricha ensuite une partie de la forêt qui jouxtait sa grotte et y sema de l’orge. Ainsi, il put lui-même avec une meule rudimentaire écraser sa récolte de grain et en faire du pain pour sa nourriture. 
Il vécut ainsi trois ans dans les labeurs ascétiques et la prière incessante. Sa renommée était grande, allant même bien au-delà des frontières du Valais. Vers l’an 614, saint Eustaise, successeur à Luxeuil du grand  saint Colomban, ayant entendu parler de ce saint ascète, gravit la montagne pour le voir. Là, émerveillé de ce qu’il constata, il le pressa par toutes sortes de pieux arguments de venir à Luxeuil. Amé finit par se laisser convaincre, et lorsque de retour de Bobbio, Eustaise vint lui rappeler sa promesse, il quitta sa chère grotte et se mit en route pour Luxeuil. C’était en l’an de grâce 615.
A Luxeuil, le saint moine fit l’admiration de tous. Eustaise décida de l’envoyer accomplir certaines missions pour l’Eglise. Au cours de l’une d’entre elles, il rencontra un noble et riche chrétien qui menait une sainte vie. Son nom était Romaric, il comptait pour perdue toute journée où il n’aurait rien accompli pour le Christ. A la fin d’un repas, comme il est encore d’usage de la faire dans l’Orthodoxie lorsque l’on se trouve en présence d’un père spirituel,  il demanda au saint de lui dire une parole de salut. Amé lui montra un plat d’argent sur sa table. Il lui fit remarquer qu’il en était esclave et que l’apôtre avait dit «  Votre or et votre argent se rouilleront, et cette rouille portera témoignage contre vous et dévorera vos chairs comme un feu. » (cf. Jacques, V, 3). 
Le noble Romaric ému par ces paroles du saint moine, lui demanda ce qu’il devait faire. Et Amé répondit en lui rappelant l’épisode du jeune homme riche de l’Evangile. Romaric vendit alors tous ses biens, et s’en alla prendre l’habit monastique à Luxeuil. 
Il avait réservé un domaine et un château surnommé Romariberg (plus tard Remiremont) qu’il confia à Amé. Celui-ci y établit une communauté de moniales avec la bénédiction d’Eustaise. De nombreuses jeunes filles vinrent y vivre sous la règle de saint Colomban. Une higoumène fut désignée qui devint sainte Macteflède. La communauté à l’imitation de celle de Saint Maurice d’Agaune, elle-même inspirée des acémètes (en grec ceux qui ne dorment jamais) de saint Marcel de Constantinople, pratiquait la louange perpétuelle, les moniales en sept chœurs de douze sœurs se relayant à l’église. 
Voulant s’occuper d’une autre fondation, le saint plaça Romaric comme higoumène de cette communauté et il établit un monastère d’hommes sur la même colline. 
Mais Amé se souvint alors de sa solitude du Scex à Saint Maurice. Il avait la nostalgie de ce temps où dans sa grotte, au dessus du monastère d’Agaune, au chœur du silence et dans une sainte solitude, il pouvait s’entretenir avec Dieu dans une prière pure. Il trouva une grotte sur le versant oriental du Saint-Mont et y fixa sa demeure. Il reprit le cours de sa vie d’ermite tout en continuant à exercer la paternité spirituelle avec discernement et charité.
Un moine qui était parti du couvent de Luxeuil, y était revenu porteur d’une doctrine impie. Lorsqu’il vint à Remiremont, Dieu permit que Romaric et Amé soient séduits par les idées de ce moine et s’égarent pour un temps. L’intervention de saint Eustaise et la mort infamante de ce moine remirent les deux pères sur le droit chemin. Le fait que cet événement soit rapporté par les biographes du saint atteste de la vérité de leur pieuse chronique hagiographique. 
Amé se repentit et doubla ses austérités. Il vécut encore deux ans d’une vie édifiante puis il fut averti par le Seigneur de sa fin prochaine. Il demanda à un frère d’aller chercher du bois dans la forêt pour se faire un lit de cendres. Ainsi fut fait. Peu de jours après, Amé se revêtit de son cilice, il se prosterna dans la cendre, confessa à haute voix tous les péchés qu’il avait gardés en mémoire. Puis il poursuivit sa pénitence une année durant. Etant alité, il recevait les frères et leur donnait de pieux enseignements.
Quand il sut que la mort était arrivée aux portes de son âme, il se fit lire à haute voix la lettre de saint Léon Patriarche de Rome à saint Flavien, et à chaque article de foi annoncé, il approuvait à haute voix en disant sic credo ( Je crois ainsi).
Il mourut ainsi dans la confession d’une foi orthodoxe le 13 septembre 625.
Trois jours après sa naissance au Ciel, il apparut à un moine pour lui dire qu’il avait trouvé grâce devant Dieu. Il annonçait aussi la prospérité future de Remiremont.  Il apparut encore un an après pour demander que l’on dépose ses restes dans l’intérieur du sanctuaire de la Mère de Dieu.
Deux siècles plus tard, les corps exhumés de saint Amé et saint Romaric étaient comme au premier jour de leur trépas et de nombreux miracles eurent lieu par leur intercession. Ces deux Pères théophores aimaient particulièrement les colombes,  et ils avaient coutume de les nourrir. Après leur mort, le monastère continua à nourrir ces colombes auprès de leurs tombeaux. Or quand les deux corps furent exhumés et conduits dans l’église, on put voir ces créatures de Dieu qui les accompagnaient en volant. Elles entrèrent dans le saint lieu et y établirent leurs nids dans le toit. Durant quatre siècles elles restèrent les gardiennes fidèles des saintes reliques. 
Et les miracles continuèrent, nombreux et témoignant de la sainteté des pieux moines. On relate ainsi, parmi la multitude des merveilles accomplies par l’intercession de saint Amé, qu’un enfant né les paupières jointes, fut oint d’huile de la veilleuse qui brûlait au tombeau de saint Amé et vit enfin la lumière. 
Durant la révolution française les reliques furent  profanées et dispersées dans la sacristie de l’église. Quelques unes cependant furent sauvées par les moniales qui les remirent dans l’église après la tourmente, mais la communauté de Remiremont fondée par saint Amé ne survécut pas à la fureur insensée et impie des révolutionnaires.

Saint Amé, prie Dieu pour nous !
*
Ton 4

Tropaire à saint Amé 
d'Agaune
(Natalice en 625 A.D.)


Tu vécus dès ton enfance au saint monastère*
Où étaient les reliques des martyrs d'Agaune.*
Tu montas en ermite à la grotte du Scex*
Avant d'aller à Luxeuil et Remiremont*
Pour établir de nouvelles communautés.*
Saint Amé, prie le Christ d'avoir pitié de nous!



Claude Lopez-Ginisty



vendredi 24 septembre 2021

Saint Fromont


Statue et fontaine de saint Fromont
(wikipedia)

Vie de notre père parmi les saints
Fromond
(VIIe siècle)
Fête le 12/25 septembre
Et le vendredi suivant l’Ascension

Fromond est un ermite du VIIème siècle qui vécut à Bonfol dans le Jura suisse. 
La légende dit que saint Fromond ou Fromont (en latin Fromundus, Frotmundus) était fils d'un roi normand et qu’il fut compagnon de saint Ursanne (+ 620) et de saint Imier (+ entre 630 et 650), tous deux disciples de saint Colomban. 
Ayant quitté ce dernier, les trois moines allèrent vivre au sein des profondes forêts jurassiennes. Arrivés au Mont-Repais sur les hauteurs des Rangiers, ils lancèrent leurs bâtons et poursuivirent leur chemin dans les directions où ceux-ci étaient tombés. 
C’est ainsi que le bâton d’Ursanne tomba au bord du Doubs, où existe aujourd'hui le village de Saint-Ursanne, celui d’Imier chut vers le sud, vers ce qui mène aujourd’hui au village de Saint-Imier. Saint Fromond, suivit son bâton dans la direction de l'Ajoie, et il s’établit près d'une source qui devint le village de Bonfol dans le Jura. 
Il fonda son ermitage près de ce point d'eau et planta son bâton qui, dit la légende, reverdit et devint l’ancêtre des chênes qui s’élèvent près de l’actuelle chapelle du village. 
Des gens vinrent vivre auprès de lui, et ils leur enseigna l’Evangile. Puis, comme tous les moines de ce temps, il s’affaira conjointement à faire fructifier les vertus de l’âme, et à défricher la terre pour la cultiver. 
Il naquit au Ciel à l’âge de 70 ans. Dans l’église de Bonfol, de nombreux ex-votos témoignèrent des miracles par l’intercession du saint.

Saint Fromond, prie Dieu pour nous !

*
Ton 6

Tropaire à saint Fromont, 
Ermite
(Natalice au VIIème siècle)


Compagnon de saint Ursanne et de saint Imier,*
Tu allas avec eux au désert du Jura,*
Puis tu partis vers l'Ajoie, et près d'une source*
Tu établis l'ermitage où tu demeuras,*
Jusques à ta bienheureuse naissance au Ciel.*
Saint Fromont, prie le Christ d'avoir pitié de nous!


Claude Lopez-Ginisty

Saints Félix, Exupère et Régula



Vie de nos pères parmi les saints
Félix, Régula et Exupère
( IIIème siècle)
Fête le 11/24 septembre

Les frère et sœur Félix et Régula étaient selon la tradition,  des membres de la Légion Thébaine ayant échappé au massacre d’Agaune. Maurice, le commandant de la Légion leur conseilla de fuir : Il partirent donc avant que tous les autres membres de la sainte Légion ne soient martyrisés. 
Avec leur serviteur Exupère ils fuirent par la Furka et le col du Klausen dans le canton de Glaris, puis enfin arrivèrent à Turicum (Zurich). Là, ils servirent le Christ. Mais ils furent découverts, et quand ils refusèrent, malgré la torture, d’adorer les dieux romains, ils furent décapités avec leur serviteur. 

Saints Félix, Régula et Exupère, priez Dieu pour nous !
*
Ton 6

Tropaire aux saints Félix, 
Exupère et Régula,

Martyrs de la Légion Thébaine
(Nathalie au IIIème siècle)


Faisant partie de la sainte légion thébaine,*
Qui mourut pour le Seigneur en terre d'Agaune,*
Vous êtes partis avant leur naissance au Ciel.*
Dans la région de Zurich,vous avez prêché*
Avant de subir à votre tour le martyre.*
Saints de Dieu, priez le Christ de sauver nos âmes!


Claude Lopez-Ginisty


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