vendredi 2 avril 2021

Saint Lupicin


Vie de notre père parmi les saints
Lupicin ( 21 mars/ 3 avril 480)
de Condat
(voir saint Romain au 28 février/12 mars)

jeudi 11 mars 2021

Saints Romain, Lupicin et sainte Yole



Vie de nos pères parmi les saints
Romain ( 28 février/12 mars)
et Lupicin ( 21 mars/3 avril)
de Condat
et leur sœur Yole (Iole)

Saint Romain et Saint Lupicin sont deux frères qui naquirent vers la fin du IVème siècle à Izernore (Ain). 
Romain qui possédait de hautes vertus de charité, et un goût prononcé pour la vie religieuse, renonça au mariage, et alla se mettre sous l’obédience de l’higoumène Sabin, qui était à la tête du monastère d’Ainay, à Lyon. Celui-ci le prenant sous sa houlette, l’initia à la vie monastique.

Vers l’âge de 35 ans, il partit pour les forêts du Mont Jura et s’établit à Condat, où il se construisit un petit ermitage. Là, il consacra son temps à la prière et au travail manuel. Il vécut ainsi dans l’ascèse et la solitude au milieu des bêtes sauvages.

Lupicin, quant à lui, perdit sa future épouse et lorsque son père naquit également au Ciel, il décida de rejoindre son frère Romain dans la solitude orante. Leur vie dans le désert fut rude, car ils subirent maintes fois les assauts des démons, au point qu’ils durent se résoudre à quitter leur lieu d’ascèse. Ils parlèrent de leurs épreuves à une dame charitable qui les avait recueillis, puis rassérénés, et ayant repris force et courage, ils établirent leur lieu de vie au fond d’une gorge, sous un grand sapin. Ce fut autour de ce lieu que se forma progressivement l’abbaye de Condat, car des disciples arrivèrent bientôt et les deux frères dirigèrent ensemble la nouvelle communauté.

Romain était doux et dirigeait ses moines paternellement, alors que Lupicin était assez rigide et ses décisions étaient souvent dures, mais elles étaient adoucies par la charité de Romain. Lupicin dormait sur un banc et mangeait tous les trois jours. Il ne buvait jamais de vin. Les huit dernières années de sa vie, il ne buvait plus du tout, pas même de l’eau. La tradition rapporte que quand il avait soif, il mettait ses mains dans l’eau pour se rafraîchir.
Les disciples devenant de plus en plus nombreux, Lupicin alla avec un groupe de moines fonder un monastère nouveau, à Lauconne. Mais les deux monastères étaient sans cesse sous l’autorité des deux frères, frères selon la chair, mais surtout frères parfaits en Christ.
  
En l’an de grâce 444, Célidoine, évêque de Besançon, fut déposé car il avait épousé une veuve avant le sacerdoce. Saint Hilaire, évêque d’Arles, vint exprès à Besançon rétablir la discipline. Entendant chanter les louanges de  Romain et ses vertus, il le fit venir auprès de lui pour l’ordonner au sacerdoce.
Romain devint si célèbre en ces vertus qui lui avaient valu l’ordination à la prêtrise, qu’il dût bâtir d’autres monastères dans les Vosges et jusques en Allemagne. Parmi eux, était celui établi dans le canton de Vaud qui prit plus tard le nom de Romain-Moutier, puis Romainmôtier (c’est-à-dire le monastère de Romain).

La tradition rapporte que Romain en route pour pérégriner au tombeau de saint Maurice, à Agaune, fut surpris par un fort orage. Il s’abrita alors dans une cabane de lépreux où il passa la nuit sans s’effrayer de l’affreuse maladie de ses hôtes et de sa possible contagion. Au jour levé, il s’en fut vers Agaune. En se réveillant, les lépreux virent qu’ils étaient parfaitement sains et que leur lèpre avait disparu. Reconnaissants, et voulant le remercier, ils coururent après Romain, mais ils ne purent le rejoindre. Alors ils répandirent à l’entour  la nouvelle extraordinaire du miracle.

Romain rédigea une règle monastique tirée de celle des moines de Lérins. Il institua l’interdiction pour ses moines  de manger de la viande.

Sa sœur Yole le rejoignit et fonda un couvent de femmes à la Balme, près de Lauconne. C’est la seule chose que nous sachions de la vie de cette pieuse femme qui suivit ses frères sur la voie du monachisme. C’est  dans son monastère que saint Romain voulut reposer en Christ, et son corps y fut transporté après sa bienheureuse dormition en 460 ou 473. Alors ce monastère où étaient conservées ses saintes reliques prit le nom de Saint-Romain-de-la-Roche.

Lupicin survécut près de vingt ans à son frère et garda la direction de tous les monastères fondés avec lui. Il mourut vers l'an 480 ou 493.

Saint Romain, saint Lupicin, et sainte Yole, priez Dieu pour nous !

Ton 1

Tropaire à saint Romain du Jura,

(Natalice en 460 A.D.)



Admirateur des Pères du désert d'antan,*

Avec ton frère bien aimé saint Lupicin.*

Tu établis dans les montagnes du Jura*

Le très illustre monastère de Condat.*

Et à quelque distance celui de Leucone.*

Saint Romain, prie le Christ d'avoir pitié de nous!


Ton 2

Tropaire à saint Lupicin du Jura,

(Natalice en 460 A.D.)



Frère de saint Romain par la chair et la foi,*

Admirateur des moines des déserts d'Egypte,*

Avec ton Frère bien aimé tu t'établis*

  Comme solitaire dans les monts du Jura.*

Avec lui tu fondas deux monastères saints:*

Les havres sacrés de Condat et de Leucone.*

Saint Lupicin, prie Dieu d'avoir pitié de nous!



Ton 3

Tropaire à sainte Yole du Jura,

(Natalice en 460 A.D.)



Sœur des frères saint Romain et saint Lupicin,*

Tu les rejoignis en Christ, et devins moniale..*

Tu fondas un couvent féminin à la Balme*

  Et le reste de ta vie fut cachée en Dieu.*

Tu vécus discrêtement ascèse et prière,*

Sous le regard bienveillant de l'Ami des hommes.*

Sainte Yole, prie le Seigneur de nous sauver!


*
Claude Lopez-Ginisty




mercredi 3 février 2021

  PAUSE PENDANT QUELQUES TEMPS



 

Saint Meinrad

Saint Meinrad, fresque d'Einsiedeln

Le martyre du saint

Vie de notre père parmi les saints Meinrad,
( 861 A.D.)
Fondateur de Notre Dame des Ermites
(Einsiedeln)
Fête le 21 janvier/ 3 février

Meinrad (Meinard, Méginard, Meinrard, Moinhard, ou Meginrad) naquit dans la famille des comtes de Hohenzollern.  Il reçut au baptême le nom de Meginrad, qui signifie excellent conseil, qui devint plus tard Meinrad. Après avoir passé dix ou onze ans dans la maison paternelle, le jeune Meinrad fit ses études au monastère bénédictin de Reichenau une île du lac de Constance. Cette île, délivrée par saint Firmin des reptiles qui en étaient les seuls habitants, était devenue agréable et si fertile entre les mains des moines qu’on l’appela Reichenau [riche plaine]. Deux de ses parents Hatto et Erlebald, y furent higoumènes, il y devint donc moine. Reichenau fut une pépinière de moines, d’évêques  et de savants, un foyer de civilisation et de lumière.
Meinrad, grand lecteur des maîtres spirituels, et de saint Jean Cassien en particulier, fasciné par la vie des saints ermites et des Pères du désert, choisit de se consacrer à l’Eglise du Christ. Ordonné diacre en 821, il devint ensuite  prêtre. Erudit, connaisseur des Pères et de la vie spirituelle par ses pieuses lectures, il s’attacha à mettre en pratique ce qu’il avait appris de la tradition monastique de l’Eglise.
Sa pensée profonde pouvait se résumer à ce qu’il dit à ses élèves quand on lui demanda d’enseigner au monastère de Bollengen: « chercher la vérité avec amour, non pour en tirer gloire et honneur dans le monde, mais pour le seul amour de la vérité. »

Mais l’amour de Dieu ardait en lui, et le poussait à rechercher le tête à tête avec son Créateur dans la solitude. En juin 828, il se retira sur le mont Etzel, couvert de sombres et épaisses forêts. Il était alors âgé de 31 ans. Il n’emporta qu’un livre de prières, un enseignement sur l’Evangile, la règle de saint Benoît et les œuvres de son cher Jean Cassien.
Il vécut d’abord abrité par des branches d’arbre et par un mur grossier bâti avec des pierres détachées de la montagne, puis une pieuse veuve d’Alterdorf lui fit construire une cabane et une chapelle. Il passa sept années de sa vie dans ce lieu, mais bientôt son havre de paix fut transformé en lieu de pèlerinage, car on accourait de partout pour le voir et lui demander conseil.
Derrière le mont Etzel, il y avait une épaisse forêt. Il s’y réfugia avec un compagnon moine et un paysan de Bollengen. Ayant trouvé un lieu propice pour sa nouvelle demeure, il s’y arrêta. En chemin, il trouva dans une branche de sapin un nid dans lequel il y avait deux corbeaux, qui devinrent aussi ses compagnons.
La voix de l’Evangile n’avait jamais eut d’écho dans ce lieu sauvage. Edwige, abbesse d'une petite communauté de femmes à Zurich, remplaçant la veuve d'Altendorf, subvint à tous les besoins du pieux solitaire. La tradition rapporte qu’un jour, Meinrad en prières, fut encerclé par une horde de démons, mais qu’un ange apparut qui les chassa. Depuis ce jour, il redoubla de prière et retrouva la bonne odeur d’Adam au Paradis : les bêtes sauvages, aigles, ours, venaient se nourrir dans sa main et ses deux corbeaux se posaient sur ses épaules.
Il participait à la louange du Créateur, à l’unisson avec cette belle nature, et en vérité chaque souffle dans ce Paradis de beauté et de prière, louait le Seigneur, ainsi que le dit le saint Psalmiste David. Meinrad évangélisa progressivement la contrée.
Alors les foules recommencèrent à venir consulter le saint père. Sa renommée s’étendit. Hildegarde, fille de Louis le Germanique, nommée par son père higoumène du monastère de Zurich en 853, ayant entendu parler des vertus de Meinrad, lui fit bâtir une chapelle qui exista jusques en 1798. Meinrad la consacra à la sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, et ayant reçu d'Hildegarde une statue de la Très Pure Génitrice de Dieu, il la plaça sur l'autel et les miracles abondèrent; les pèlerins venus vénérer la Mère de Dieu, reçurent des grâces extraordinaires. La chapelle fut alors nommée le Lieu de grâce, et cette statue de la Vierge fut à l'origine du pèlerinage de Notre-Dame-d’Einsiedeln (Notre Dame des Ermites).

Les Petits Bollandistes rapportent qu’un religieux de Reichenau, qui était venu lui rendre visite, raconte qu'une nuit ayant vu la petite chapelle éclairée d'une lumière subite, il était entré et avait aperçu Meinrad agenouillé sur les degrés de l'autel, et à côté de lui un ange soutenant le livre de prières et unissant sa voix à celle du saint.

Tenté par le Diable, deux hommes, l'un qui s'appelait Pierre, venant des Grisons et, l'autre Richard qui était de Souabe, décidèrent de l'assassiner pour lui dérober ses trésors, croyant qu'il en avait d’immenses, imaginant qu’il avait de nombreux dons qu’il recevait de ses visiteurs. Non loin du lac de Zurich, dans une auberge d'Endigen, où plus tard il y eut Rapperswil, ils passèrent la nuit. A l’aube, ils se mirent en chemin vers l'Etzel et se dirigèrent vers la forêt. C'était le 21 janvier 861. Pendant longtemps, perdus,  ils errèrent à travers les bois, car la neige avait recouvert tous les chemins. Cependant le Diable les conduisant, ils se trouvèrent devant l'ermitage de saint Meinrad. A leur approche, les deux corbeaux du saint poussèrent des cris perçants, et se mirent à voler, comme effrayés autour de la cabane, à l’étonnement des deux meurtiers.
Ils arrivèrent à la porte de la chapelle au point du jour; le saint comme à l’accoutumée, avait prié longtemps, avait célébré l’office devant l'image de la Mère de Dieu, et communié aux Saints Mystères du Christ. Les brigands frappèrent à la porte… Meinrad, comme averti par le Ciel de son sort, pria encore avec ferveur, puis il vint leur ouvrir, les reçut cordialement, et leur dit : « Mes amis, si vous étiez venus plus tôt, vous auriez pu assister à l’office.  Entrez et priez Dieu et les Saints de vous bénir. Venez dans  ma cellule, je partagerai avec vous les petites provisions que j'ai encore; vous accomplirez ensuite le projet qui vous a amenés près de moi ».

Les meurtriers entrèrent quelques minutes dans la chapelle; puis, comme s'ils craignaient de voir échapper leur victime, ils s'élancèrent dans la cellule et le mirent à mort cruellement. C’était le 21 janvier 861. Leur sinistre forfait accompli, les deux meurtriers s’enfuient, poursuivis par les corbeaux du saint père Meinrad qui avait rejoint son Maître bien-aimé.
Les deux meurtriers, poursuivis par les corbeaux furent arrêtés. L’higoumène de Reichenau envoya deux moines pour ramener le corps du saint au monastère de l’Ill, mais ils ne purent déplacer la dépouille bénie du martyr. Ils déposèrent alors le cœur du saint dans la chapelle, et purent alors amener ses reliques à Reichenau, où l’on construisit une chapelle en son honneur.

Depuis le temps de son martyre, saint Meinrad poursuit sa mission terrestre depuis le Ciel où il demeure désormais, et les miracles qui sont attribués à son intercession, ne cessent pas. Le pèlerinage à Notre Dame des Ermites, attire toujours les pieux fidèles auprès de la Très Pure Mère de Dieu.

Saint martyr Meinrad, prie Dieu pour nous !

Ton 8

Tropaire à saint Meinrad, martyr,
(Natalice en 861 A.D.)


Rejeton d'une famille de la noblesse,*
Tu quittas le monde pour cheminer vers Dieu.*
Tu allas chercher la paix de Dieu dans l'ascèse,*
Et tu fondas le monastère d'Einsiedeln.*
Tu fus martyrisé, et trouva le Royaume.*
Saint martyr Meinrad intercède pour nos âmes!

*
Claude Lopez-Ginisty

dimanche 24 janvier 2021

11/24 janvier, Saint Ynnemod



Vie de notre père parmi les saints
Ynnemod (aussi appelé Hymnémode),
higoumène d’Agaune (Saint-Maurice)
(  516 A.D.)
Fête le 11/24 janvier

Saint Ynnemod fut un des grands higoumènes de l’abbaye d’Agaune en Valais. On ignore sa date de naissance. Il était au monastère de Grigny près de Vienne en Dauphiné quand il vint à Agaune (l’actuel Saint-Maurice) à la demande  unanime des évêques du Concile d’Agaune qui le nommèrent higoumène du monastère qui avait été richement doté par le saint roi martyr Sigismond.

La Chronique du martyrologe de l’Abbaye, parle ainsi de lui : « Ynnemod fut un homme d’une patience, d’une piété et d’une science admirables. Les Pères du Concile d’Agaune, pleins d’admiration pour sa sainteté  et sa douceur, lui confièrent le gouvernement de l’église d’Agaune. Il réunit les 900 moines (!) dans la maison du Seigneur et les établit sous une seule règle. Il se montrait en tout saintement occupé à plaire à Dieu, [à] se sanctifier de plus en plus et [à] grandir chaque jour dans la science du salut. »

Il organisa les moines du monastère en cinq chœurs, chargés de la récitation perpétuelle du Psautier, psalmodie continuelle  qui avait été fondée par le pieux roi martyr Sigismond pour la louange perpétuelle (laus perennis) ainsi que cela se pratiquait à Constantinople au Monastère des Acémètes (id est ceux qui ne dorment pas), sous l’égide de saint Marcel. Cette laus perennis se déroulait sans interruption jour et nuit.

De même que saint Marcel ( 485) joua un rôle important au Concile de Chalcédoine qui définit la divino-humanité du Christ contre l’hérésie monophysite, saint Ynnemod combattit avec un zèle infatigable l’hérésie arienne qui faisait d’importants progrès, et menaçait l’Orthodoxie en Valais.

Sentant sa fin sur la terre des vivants approcher, il assembla les moines autour de lui et les exhorta à vivre dans l’amour les uns des autres selon l’injonction du Christ. Il naquit au Ciel le onzième jour de janvier de l’an de grâce 516. S’il passa seulement sept mois comme higoumène du saint Monastère d’Agaune, son œuvre pieuse fut souvent louée après sa naissance au Ciel par ceux qui lui succédèrent.
Saint Ynnemod, prie Dieu pour nous !


Ton 1

Tropaire à saint Ynnemod, higoumène d'Agaune,
(Natalice en 516 A.D.)


Tu étais moine au monastère de Grigny*
Lorsque ta réputation de grande piété*
Te valut de recevoir du Christ la fonction*
D'higoumène de la sainte abbaye d'Agaune.*
Tu y maintins la louange perpétuelle,*
Et tu combattis la male hérésie d'Arius.*
Saint Ynnemod, prie Dieu d'avoir pitié de nous!

*

Claude Lopez-Ginisty


mardi 19 janvier 2021

Saint Valentinien de Coire

Ville de Coire [Chur] ancienne gravure

*
Vie de notre Père parmi les saints
Valentinien évêque de Coire
( 548 A.D.)
Fête le 7/20 janvier

On sait peu de choses de saint Valentinien qui fut évêque de Coire. Il agrandit la communauté fondée par saint Lucius et y établit un monastère bénédictin qu’il dédia à saint Lucius. Il naquit au Ciel le 7 Janvier 548 à Coire, et fut enseveli dans la crypte de l'église saint Lucius (Saint-Luzi).
Saint Valentinien, prie Dieu pour nous !
*



Ton 1

Tropaire à saint Valentinien, évêque de Coire,
(Natalice en 548 A.D.)

Tu fus un saint hiérarque en la ville de Coire,*
Tu poursuivis l'œuvre accomplie par saint Lucius*
Agrandissant la communauté qu'il fonda.*
Et créant un monastère bénédictin,*
Pour la gloire du Seigneur et de Son Eglise.*
Saint Valentinien intercède pour  nos âmes!

*
Claude Lopez-Ginisty

mercredi 13 janvier 2021

1/14 janvier: Saint Oyend

0001

Ville autrefois appelée Condat à l'époque du saint de ce jour. 
Elle prit le nom de Saint Oyend lorsque le saint naquit au Ciel. 
Actuellement c'est la cité de Saint Claude (Jura français)

Vie de notre père parmi les saints
Oyend (aussi appelé Eugende)
( 509 A.D.)
1/14 Janvier


Saint Oyend à l'école de Condat
Saint Oyend guérit les malades

A la fois dans l'icône de tous les saints qui ont illuminé la Terre d'Helvétie, dans l'ecténie des Vigiles de sa paroisse de Vevey, l'évêque Ambroise fit figurer le saint higoumène de Condat Oyend, avec les saints Romain et Lupicin, autres saints  du Jura. L'abbaye du saint était située à proximité des limites du diocèse de Genève.

Saint Oyend (ou Eugende) naquit vers 450 près d'Izernore (Izarnodurum, dont le nom en langue celtique signifie « porte de fer » car elle était entourée de fortifications), et il partit au Ciel dans la paix du Christ en 510 à Condat, plus tard nommé saint Oyend, puis Saint-Claude. Il fut un disciple de saint Romain et de saint Lupicin et higoumène du monastère de Condat (aujourd'hui Saint-Claude dans le département français du Jura), et il est fêté le 1/14 janvier.
Son père, étant prêtre, initia son fils aux mystères de Dieu dès son enfance, et il sut lui faire aimer l’Eglise.
A l’âge de 6 ans, Oyend raconta à son père un rêve, où saint Romain et saint Lupicin (qui, encore vivants à cette époque, étaient renommés pour leurs exploits spirituels) venaient l’enlever de sa couche et le placer devant le seuil de sa maison, le visage tourné vers l’Orient. Puis ils lui dirent, en lui montrant les étoiles, comme le Seigneur l’avait fait pour Abraham : Ainsi sera ta postérité, et dans la vision, ils vint venir vers lui les deux saints et une foule de moines, puis le Ciel s’ouvrit et des anges montaient et descendaient jusques au lieu où Oyend gisait. Ils parlaient d’abondance, mais il n’entendit que la Parole du Seigneur: « JE SUIS LA VOIE, LA VERITE ET LA VIE. »
Son père décida alors qu’il serait éduqué au monastère de Condat.  Saint Romain et saint Lupicin le dirigèrent dans la vie spirituelle, et jusques à l’âge de 60 ans, il ne quitta guère le monastère. A la mort de saint Romain, son successeur Minase veilla à l’éducation de ce novice prometteur. S’adonnant à l’ascèse et la prière, il était un modèle de moine. Minase l’associa donc à son higouménat, en faisant une sorte de coadjuteur, mais malgré toutes ses demandes et prières, il ne put jamais lui faire accepter le sacerdoce, sacerdoce que ce saint père refusait par humilité. 
Selon un de ses biographes anonyme (on pense qu’il doit s’agir de Pragmace), « Il mettait tous ses soins à assigner à chaque moine les fonctions pour lesquelles il le devinait plus particulièrement doué par le Saint Esprit. Dès qu'il avait du temps libre, c'est à la lecture des Saintes Ecritures qu'il vaquait le plus volontiers de jour comme de nuit. » 

Il eut à nouveau une vision des deux pères Romain et Lupicin qui lui firent comprendre qu’il allait remplacer Minase après son natalice, et qu’il aurait des épreuves… En effet quelques temps après, Minase mourut et Oyend fut élu higoumène en 496. Il continua à mener une vie austère, portant toujours la même tunique et le cilice et ne faisant qu'un repas par jour. Les épreuves annoncées arrivèrent : une partie des moines, qui lui reprochaient son austérité et sa discipline, quittèrent le monastère.
Il régularisa la vie communautaire selon la règle de Tarnade (nom originel de l'abbaye d'Agaune qui fixa une règle portant son nom avec notamment l'usage de la psalmodie perpétuelle (laus perenis) dont l’origine était le monastère de saint Marcel l’acémète de Constantinople, et il sut s'entourer d'érudits afin d’éduquer tous ceux qui se destinaient à la vie monastique. On y enseignait l’Ecriture et les Pères, les humanités et les arts dits libéraux (grammaire, rhétorique, musique), mais il y avait aussi un enseignement professionnel du travail du bois. La copie des manuscrits, en un temps où l’imprimerie n’existait pas, était aussi pratiquée avec art et beauté. Saint Viventiole  fut du nombre des enseignants, lui qui plus tard deviendra évêque de Lyon et sera glorifié par l’Eglise.
Les épreuves annoncées autrefois survinrent. Le feu s’empara du saint lieu. Après cet incendie qui fit brûler le monastère jusques au sol, Oyend le fit entièrement reconstruire. Il remplaça les petites cellules individuelles par un vaste dortoir où il dormait parmi ses moines, et l'oratoire primitif devint une église. Il mangeait alors au même réfectoire que ses moines, au milieu d’eux, partageant la même nourriture.
Il fut connu pour les miracles qu'il faisait en particulier en pouvant lire l'avenir, mais aussi en guérissant les malades, en délivrant les possédés, et en soulageant par ses prières ou sa charité, les misères des chrétiens accourus vers lui. Il ne faisait aucune acception de personnes, et recevait chaque être comme le Christ Lui-même. Sa charité était telle, que par moments, il y avait plus de visiteurs en quête de sa prière, que de moines dans le monastère.
A une époque de guerres et de conflits, il priait sans cesse pour la paix du monde et la conversion des princes sans pour autant se compromettre avec le pouvoir séculier.
En l’an de grâce 509, il eut les premières attaques de la maladie qui devait le conduire au trépas. Comme à son habitude, malgré la faiblesse engendrée par son mal, il garda sa règle de ne manger qu’une fois par jour. Sa maladie fut longue de six mois, à l’issue desquels, faisant venir le moine Antidiole,  le prêtre Pragmace et les autres moines, il leur annonça son départ pour la céleste patrie. Il leur dit en pleurant que les saints Romain et Lupicin étaient déjà venus le chercher, mais que les prières de ses enfants les moines l’avaient gardé sur la terre des vivants. Il les conjura de cesser d’intercéder pour lui, et de le laisser trouver la paix du Christ dans le Ciel. Cinq jours plus tard, il leur sembla qu’il dormait, mais en fait il avait rejoint les saints pères Romain et Lupicin.
Il fut inhumé à Condat (actuel Saint-Claude) au monastère qu'il dirigea et auquel il fut donné son nom jusqu'au XIIIe siècle. Son culte se répandit à partir du VIIe siècle. Saint Antidiole fit construire une église à l’endroit où ses reliques avaient été enterrées, puis des maisons autour de cette église pour y accueillir les pèlerins nombreux qui venaient demander son intercession. C’est là l’origine de la ville de Saint Claude dans le Jura français. Plusieurs églises lui sont encore dédiées et l'on retrouve son nom dans celui de deux communes : Saint-Oyen en Savoie et Saint-Oyen dans le Val d'Aoste.

Saint Oyend prie Dieu pour nous !


Ton 1

Tropaire à saint Oyend, higoumène de Condat,
(Natalice en 510 A.D.)

Compagnon de saint Romain et saint Lupicin,*
Tu fus élu higoumène sans être prêtre*
Dans le Jura, au monastère de Condat.*
Dieu t'accorda le charisme de guérison,*
Et tu fus un père admirable pour tes moines.*
Saint Oyend, prie Dieu qu'Il ait pitié de nos âmes!

*
Claude Lopez-Ginisty

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